Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Comment notre formation d’ingénieur·e peut-elle chambouler le monde de demain?

Notre ambassadrice Dounia a choisi sa filière dans le but d’innover en permanence en pensant non seulement aux utilisateurs, mais encore et surtout aux utilisatrices.
Gaëtan Bussy / HE-ARC

Par notre ambassadrice égalité Dounia Hassar, étudiante en Conception Ergonomique et Design

« L’Homme-référence », « design pour l’homme », « test de sécurité seulement pour les hommes », voilà des mots qui surgissent de plus en plus ces dernières années et qui nous laissent perplexes. Savez-vous en effet qu’un grand nombre d’objets et de systèmes de notre quotidien ont été exclusivement designés pour un type d’être humain: un homme, de 40 ans, qui mesure 1m80 et pèse 70kg ? A titre d’exemple, les ceintures de sécurités: n’ont-elles pas été testées seulement sur des mannequins masculins ? 

Certains objets ou systèmes, de par leur adaptation à des normes masculines, peuvent présenter des inconvénients, voire des risques, lorsqu’ils sont utilisés par des femmes. Certains vêtements ou matériel de protection professionnels ne sont pas adaptés à la morphologie féminine. Un exemple important : le gilet pare-balle qui a été conçu pour des poitrines plates. La NASA a elle-même dû annuler sa première sortie spatiale 100% féminine en 2019 à cause d’un manque de combinaisons de taille appropriée.

Mais si nous trouvons une certaine frustration à ne pas faire usage des objets du quotidien comme l’homme-référence, nous en trouvons une encore plus grande lorsque que nous savons que ces objets ont été pensés et testés uniquement pour un idéal qui ne représente même pas la moitié de la population.

Afin de tenir compte de nos différences morphologiques, nous devrions en tant qu’ingénieur·e·s concepteurs·trices concevoir nos produits pour nos utilisateurs et nos utilisatrices.

Article 2 Dounia b Concevoir un produit centré sur l’utilisateur et l’utilisatrice est le cœur de ma formation et j’ai choisi cette orientation particulière de la filière Industrial Design Engineering pour pouvoir innover en permanence en pensant aux utilisateurs et aux utilisatrices. Dans ma formation à la HE-ARC, j’apprends chaque jour à adapter des produits en fonction du besoin de chacun. Nous exerçons la notion de design inclusif, qui est le principe de concevoir en partant d’un handicap précis, puis d’élargir la conception afin de l’accommoder à un plus grand public. Pour illustrer concrètement cette notion, nous tentons en cours de projets, de créer un système de stabilisation pour vélo, qui permet aux personnes hémiplégiques de faire du vélo à deux roues sans perdre l’équilibre. Ce système a été initialement pensé pour les personnes hémiplégiques, mais nous le designons de façon à ce que tout le monde puisse l’utiliser, adultes comme adolescents, novices comme amateurs.

Si le mot « chambouler » peut paraître trop fort ou trop osé, il prend tout son sens lorsque l’on sait qu’en tant que future inventeur ou future inventrice, nous avons le pouvoir d’inverser les rôles: désormais les objets ne façonneront plus les personnes, mais seront façonnés pour les personnes et tiendront compte de nos différences morphologiques.

Si tu souhaites en savoir plus sur mon futur métier, je t’invite à visiter nos pages Facebook et Instagram afin de suivre mon quotidien et celui des autres ingénieuses qui ont également choisi d’orienter leur carrière vers une filière technique.

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