Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Orientation professionelle - Différente pour les filles et les garçons ?

On observe qu'à la fin à la fin de la scolarité obligatoire les filles s'orientent plus souvent vers des cursus plutôt scolaires que pratiques que les garçons. Pourquoi ? Et comment faire si l'on découvre sa vraie vocation plus tardivement ? Notre ambassadrice Alison s'est intéressée à ces questions.

Notre scolarisation obligatoire se termine à 15 ans. Dès lors, il s’agit de choisir dans quelle carrière professionnelle on veut se diriger. En Suisse, on a le choix entre une formation académique plutôt théorique et une formation professionnelle plutôt pratique. Les Hautes écoles spécialisées comme la HES-SO réunissent les deux aspects.

Après le cycle d’orientation, certains prendront la voie du gymnase puis des Hautes écoles universitaires (HEU) comme des Ecoles polytechniques fédérales (EPF). Un cursus complet dans la voie académique prend généralement 5 ans et permet d’obtenir un diplôme de Master, qui donne ensuite accès à la pratique d’une profession.

D’autres commenceront par un apprentissage professionnel puis poursuivront une formation tertiaire, soit de niveau non-universitaire au sein d’une Ecole supérieure (ES), soit de niveau universitaire au sein d’une Haute école spécialisée (HES) ou d’une Haute école pédagogique (HEP). Ces écoles privilégient l’application des savoirs à la théorie et s’articulent autour de l’impératif d’« employabilité ». Ces formations, axées sur la pratique, nécessitent 3 ans pour obtenir un Bachelor ouvrant les portes vers le monde du travail. Certaines des filières proposées en HES peuvent aboutir sur un Master, c’est-à-dire une spécialisation sur 2 ans.

A l’âge de 15 ans on n’est pas toujours au clair quelle sera la meilleure voie à choisir. Qu’en est-il alors des personnes qui décident de bifurquer d’une voie plus scolaire vers un domaine qui requiert une formation initiale plutôt pratique? Bien heureusement, il existe des certificats, des passerelles, des stages, des formations du soir, des cours préparatoires et bien d’autres possibilités de perfectionnement qui permettent d’accéder à la formation qui nous tient à cœur, ceci peu importe l’âge que l’on a !

Y a-t-il une forte tendance à changer de cursus ? Les statistiques de la HES-SO pour le domaine de l’ingénierie et de l’architecture (I&A) démontrent qu’en 2017, la moitié des femmes y sont entrées par voie classique avec une maturité professionnelle et la seconde moitié avec une maturité gymnasiale. Chez les hommes, la tendance penche du côté professionnel, à hauteur de 74% des admissions.

Qu’elle est la raison de cette différence ? Pourquoi les filles privilégient-elle visiblement un cursus plus scolaire avant de s’orienter vers une formation professionnalisante ? Les femmes seraient-elles plus réticentes à se lancer dans les formations techniques avant le diplôme de second degré ? Ce fort taux en HES de 50% d’étudiantes issues de la voie gymnasiale est-il dû à un problème d’information, de mœurs ou d’intérêt ? Les réponses sont probablement multiples.

Certes, le domaine de l’ingénierie et de l’architecture semble encore engendrer des craintes liées à plusieurs préjugés, notamment sa réputation de proposer des « filières masculines ». Pourtant, les femmes qui ont fait le pas cassent ces préjugés. C’est le cas de Marie-Laure qui était électricienne CFC et qui est actuellement en formation Bachelor HES. Elle affirme qu’il y a une : « bonne acceptation de la gent masculine à mon égard malgré mon choix pour un métier vu masculin ».

Les hommes et les femmes doivent suivre leurs envies et faire le choix de formation qui leur correspond. « Il faut décider en fonction de ses intérêts et pas en fonction des compétences que l’on pense avoir à 14-15 ans. Tout s’apprend. Et, au cas où l’on se rend compte que la formation suivie ne correspond pas réellement à nos attentes, il ne faut pas avoir peur de changer de voie, même si cela nécessite quelques années supplémentaires d’études. », témoigne Baljeet qui a bifurqué en école d’ingénieur après l’université. Le système suisse permet à tout étudiant et étudiante de choisir dès le début le cursus où il veut s’investir. Le conseil de beaucoup de femmes en formation I&A est celui que Marie nous donne aujourd’hui : « Renseignez-vous sur les écoles qui vous sont proposées. Ne choisissez pas prématurément en fonction du prestige de l’école plutôt que de vos propres intérêts et surtout, faites un stage ou une visite. Certaines écoles proposent des journées de découverte : profitez-en ! ».

Alison Dayer

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