Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Des stages non-mixtes : une solution?

Comment augmenter le nombre de femmes dans les formations techniques ou plus généralement dans des espaces à représentations majoritairement masculines?

Par notre ambassadrice Léa Bohren, étudiante en Energie et Techniques Environnementales

Comme expliqué dans mon article « Formations techniques : où sont les filles ? », certaines filles qui accèdent à un environnement typé  masculin, comme le domaine de l’ingénierie et de l’architecture, ont l’impression de ne pas être à leur place et de devoir faire leurs preuves.

C’est précisément pour éviter ce fardeau que ces dernières années des espaces en non-mixité choisie ont été créés. Qui se traduit, par exemple, par la mise en place de journées découvertes et de stages réservés uniquement aux filles, avec comme objectif de montrer à ces dernières qu’elles sont les bienvenues dans toutes les formations. Ainsi, on peut diminuer l’appréhension qu’elles auraient à se familiariser avec un métier typé masculin.

Un tel stage a eu lieu en octobre à la HES⁠-⁠SO Valais-Wallis à Sion. Il était ouvert aux filles inscrites dans un cycle d’orientation valaisan. Durant deux jours, elles ont eu l’occasion d’expérimenter le dessin 3D, la découpe laser, la programmation et la soudure afin de fabriquer leur propre casque de réalité virtuelle personnalisé.

A l’issue de leur stage, les 29 participantes, qui avaient entre 12 et 14 ans, ont répondu à un questionnaire sur leur appréciation du stage mais aussi sur leur opinion quant au fait que ce stage ne s’adresse qu’aux filles. Les participantes ont, à l’unanimité, été satisfaites de ce stage.

Lorsque je leur ai demandé si elles ont apprécié un groupe composé uniquement de filles, une seule participante a répondu qu’elle aurait préféré une classe mixte, tandis que pour 30% des participantes, cela leur était complètement égal. En revanche, presque la moitié des filles ont répondu être contentes ainsi, voire même préférer être en non-mixité choisie. Elles seraient « moins timides entre filles » et les garçons seraient, selon certaines, « parfois bizarres ». Une remarque d’une des jeunes filles a attiré mon attention. Celle-ci affirme : « Entre filles c’est plus cool, les garçons ne font que de nous rabaisser parce qu’on est des filles ».

A la question « Dans le futur, penses-tu effectuer une formation dans les domaines abordés lors du stage ?», 6 filles ont répondu oui et 9, peut-être. Une grande partie ne sait pas encore.

28 filles sur 29 conseilleraient ce stage à des amies. Et j’ai pu entendre: « On a connu des trucs qu’on n’aurait peut-être pas connu avant » ou encore « Ça nous incite à comprendre que même si c’est un métier plus de fille ou de garçon, c’est pas pour ça qu’il ne faut pas le faire ! ».

Par ces témoignages, on voit parfaitement l’importance de montrer aux filles que ces métiers peuvent aussi leur plaire. La création d’un stage non-mixte ouvre le champ des possibilités. Il peut effectivement être l’élément déclencheur qui fera qu’une fille choisisse une formation technique !

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